Sic transit gloria mundi

Le blog de Keyvan Nilforoushan

Archive for the month “April, 2005”

Vitesse et accélération

Un bon exemple (issu de The Long Tail: In Defense of Endism) sur les différents points de vue qui peuvent justifier pour le même phénomène des lectures complètement différentes.

Cela explique notamment pourquoi l’intervalle de temps très court regardé par les marchés – la norme est aux publications trimestrielles – les conduit souvent à accorder (relativement) trop d’importance aux tendances de court terme par rapport aux fondamentaux de long terme.

 

[You] have to realize that there are three kind of people […]:

A) Position People
B) Velocity People (first derivative)
C) Acceleration People (second derivative)

Category A people think: "4 million subscribers is a lot. Consumer Reports must be doing something right."
Category B people think: "It used to be 4.2 million. Consumer Reports is in decline."
Category C people think: "They lost 200,000 readers in three years! Consumer Reports is dead."

Now I should quickly add that I have no idea if Consumer Reports is indeed losing readers; I just made those figures up for illustrative purposes […]. The point is that you probably know all three kinds of people I’ve described, and you may have noticed that while the first two perspectives are accurate, the third, which is clearly false, is the one that gets all the attention.

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Gestion privée et allocation au capital-investissement

Une étude citée dans AltAssets, une newsletter spécialisée dans les investissements alternatifs – terme générique pour désigner des classes d’actifs comme le capital-investissement, les hedge funds, et l’immobilier locatif – indique que la part du portefeuille de leurs clients que les institutions anglaises de gestion de fortune allouent aux investissement alternatifs a doublé en 3 ans. Selon le président de Hotbed, qui a conduit l’étude :

Les gestions privées offrent à leur client un service sur mesure, alors la proportion varie en fonction des préférences et circonstances individuelles. Il n’y a cependant aucun doute que les investissements alternatifs jouent maintenant un rôle beaucoup plus important qu’il y a trois ans.

(traduction : ALNS)

Il faut prendre ces données avec un grain de sel, mais elles me semblent tout de même refléter une tendance générale, amorcée en grande partie par Calpers (le fonds de pension des fonctionnaires californiens) qui avait augmenté son allocation au capital-investissement de 5 à 7 %.

Lien : UK private banks double clients’ allocation to alternative investments in three years (nécessite de s’enregistrer sur le site)

Une autre note sur le sujet : Family Office et Private Equity.

 

Les logos ne suffisent plus

Suite à notre note de Janvier sur La valeur de la marque, une étude citée par PSFK (Brand logos no longer sell) :

A la question de l’importance des logos et étiquettes de marque pour les consommateurs aujourd’hui contre “il y a quelques années”, la majorité des sondés (66 %) a répondu qu’ils revétaient moins d’importance maintenant. Parmi les 7.500 personnes interrogées, le nombre de personnes qui considérent que les marques et les logos sont “beaucoup moins” ou “moins” important pour eux est presque 9,5 fois plus élevé que celui des personnes ayant dit qu’ils étaient “beaucoup plus” ou “plus” important. Pour Robert Passikoff, président de Brand Keys : “[…] Si vous décevez vos clients, vous verrez forcément des retombées décevantes.”

(traduction ALNS)

Nous revenons à la même conclusion : les marques qui s’en sortent restent celles qui représentent un gage de qualité dans l’expérience client.

Les clés de la compétitivité des PME

ABSTRACT : Pour préserver leur compétitivité et leur croissance, la France et l’Europe doivent renforcer la capacité à innover de leurs entreprises, et rattraper rapidement leur retard en matière de productivité du travail.   

Ce retard en matiére d’innovation et de productivité est essentiellement dû à une plus faible intégration des TIC aux cœur des entreprises : les  gains de productivité dus aux nouvelles technologies proviennent, à hauteur de 2/3, de l’utilisation de ces dernières dans des entreprises de l’économie traditionnelle, et en particulier les PME, qui augmentent ainsi leur profitabilité et leur rentabilité – ce qui confirme l’enjeu de l’innovation par l’usage.

Cela a d’autant plus de sens pour une entreprise de réaliser aujourd’hui une bonne intégration des nouvelles technologies qu’en matière de technologie, le pouvoir de marché est maintenant détenu par les acheteurs et non les développeurs  et /ou vendeurs de technologie. L’effet de levier est maximal pour les PME des domaines où les flux informationnels et transactionnels sont les plus importants, notamment la distribution, les médias et les services.

Télécharger l’étude complète (pdf)

Download english version (pdf)

Presse : quels revenus de substitution ?

Vu sur Circulation Dropping, un site sur la presse et l’édition (Via John Battelle):

Chiffre d’affaires agrégé pour les sites web de journaux [américains] en 2004 : 1,19 milliards de dollars, avec près de la moitié de ce chiffre provenant de petites annonces

Chiffre d’affaires pour Google Adwords [liens sponsorisés] en 2004 : 3,14 milliards de dollars

(traduction ALNS)



Il y a de plus en plus d’expériences différentes de la part de journaux voulant monétiser leur présence web — de la vente d’articles à l’inclusion de publicités dans le corps du texte (plus de détails sur le site de Richard Menneveux). A ma connaissance, le bon modèle reste à trouver…

LBO en open-source ?

Je viens de voir une initiative intéressante sur le site de Bruno Couly : il est en train de monter un projet de reprise de société par LBO (achat à effet de levier), et décrit précisément sur son site toutes les étapes de son parcours avec les financiers et les banquiers (voir la première note).

C’est vraiment une lecture très intéressante pour tous ceux qui envisageraient de se lancer dans l’aventure de la reprise d’entreprise – ou qui sont déjà en train de lever des fonds pour leur projet – et veulent voir de près comment se déroule le processus.  Mais c’est aussi, pour les financiers comme nous, un feedback très utile sur la manière dont notre profession est perçue par les repreneurs qui nous présentent leur dossier…

Evidemment, la démarche n’est pas sans poser quelques problèmes de confidentialité, comme décrit dans cette note :

 

Je suis en train de toucher aux limites de ce qui peut être livré sur un blog. En effet, chaque personne que je rencontre maintenant dans le cadre de mes négociations pour ce LBO a lu mon blog. […] En octobre, quand je parlais blog à mes financiers et autres investisseurs, on me regardait comme un marginal du business. Maintenant on m’écoute comme un visionnaire du business. […]

Donc, aujourd’hui, mes interlocuteurs dans ce LBO, n’attendent pas que je leur parle de mon blog, ils l’ont déjà lu

(Disclaimer : nous n’avons pas rencontré Bruno Couly, qui semble s’être concentré sur des fonds régionaux).

Liens sponsorises : rémunération des appels entrants

Acheter des appels entrants ?

AOL propose maintenant de vendre de l’espace publicitaire rémunéré uniquement en fonction du nombre d’appels téléphoniques générés. Marc Barach, le directeur marketing d’Ingenio, qui met en place ce service pour AOL, est cité dans un article de Mediapost (enregistrement nécessaire):

Certains types de métiers ont du mal à assigner une valeur à une visite sur un site Web, ou n’ont pas de site Web. Ils n’ont pas de paniers de commandes en lignes. Ces entreprises là voient des obstacles à l’utilisation de la publicité sur Internet (traduction ALNS).

Les liens sponsorisés ont réussi en grande partie parce qu’ils rapprochent le fait générateur des coûts publicitaires de celui des revenus engendrés : si le taux de conversion des visiteurs en commandes est connu, il “suffit” d’augmenter leur nombre pour avoir un nombre connu de clients supplémentaires — même si c’est loin d’être aussi simple en pratique.

Pour la même raison, ce service me semble voué à réussir : le taux de conversion appel/vente est nettement plus élevé que celui d’un lien sponsorisé, et cela va donc dans le sens des annonceurs — qui voudraient idéalement payer leurs achats publicitaires en fonction directe du chiffre d’affaires effectivement généré.

Evidemment, si les médias connaissent bien leur audience, ils connaissent beaucoup moins la capacité que peut avoir le site web (ou le standard téléphonique) d’un annonceur à la monétariser – ces nouvelles offres correspondent donc à une plus grande prise de risque de leur part au profit d’une plus grande sécurité de leurs clients.

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